Oh mon amour, je ne sais plus si c'est toi ou la musique qui m'emmène loin, si loin, ce violon, Hilary Hahn, Sibélius, concerto en ré mineur. Pardonne moi ! Mais si, c'est toi et la musique, toi et le violon. Non c'est nous, je suis sûr que c'est nous, je ne peux pas percevoir la musique comme je la perçois, si forte, si puissante, si pénétrante, si intérieure, si résonnante, je ne peux pas la percevoir ainsi sans toi, Ce n'est pas un voyage, c'est autre chose. C'est parce que tu es là, nue souriante, ta main dans ma main que le violon explose dans ma poitrine, m'irradie me transforme enveloppe mon âme d'irradiations multicolores, c'est parce que je ressens, ton corps si proche du mien, toutes les incantations de l'oeuvre immense qui traversent tes sens, ce qui vibre dans ton corps vibre dans le mien en harmonie, pourtant immobiles, nos corps immobiles, juste ta main dans ma main et ces sensations extrêmes de bien être absolu, de caresses subliminales, d'être en toi comme jamais, de te sentir en moi si fort. D'apesanteurs en transports interstellaires, de calmes en turbulences, nos corps si calmes communiquent en silence jusqu'à l'explosion finale du concerto. Jusqu'à cette jouissance extraordinairement inconnue.